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Modern couple

Suite à un billet de Marine, le webdøc d’Arte qui ne fait pas dans la layette !

Devenir PARENT,
ça vous chamboule un HOMME,
ça vous transforme une FEMME.
Dans leur vie, plus rien ne ressemble aux catalogues de mobilier suédois.
 
Que pensent les femmes de ce que les hommes ne disent pas à leur femme ? Que pensent les hommes de ce que les femmes ne disent pas à leur homme ?
 
On va enfin le savoir grâce à vous, choisissez votre camp !

Maman
Devenir maman, congé maternité, sein biberon allaitement, bébé pleurer, choisir nounou, tâche quotidien couple, avant et après grossesse

Papa
L’équivalent (ou presque : sur la ressemblance retour de la maternité…), soit 7 liens !

Des vidéos (voir les 14 liens ci-dessus), des tests en bas de chaque vidéo*, des liens**, de l’humour… bref, instrutif donc à consulter d’urgence… homme ou femme, ou en couple !
Car même si ça ne vous rappelle rien comme moi, c’est toujours une préparation et quelques sourires*** ! Ca rassure car ça rappelle qu’il n’y a pas de « il faut » et qu’on peut choisir ce qu’on veut dans tout plein de domaine (la poussette, l’allaitement, le mode de garde, le travail…)

* Avec les résultats homme / femme

* « Révisez les techniques qui font rire les bébés. Vous pouvez déchirer du papier, dire « blou » ou chanter avec un polo bleu. »
« L’espionnage des nounous à leur insu est désormais toléré par la jurisprudence française. »
« La réponse est NON, et bonne nouvelle… la science prouve que l’on peut éduquer tous les cerveaux à manier l’aspirateur ! »
« INSOLITE ET POURTANT VRAI…
Le gâteau de couches
Le bouquet de layette
L’écharpe de future mère »
« Un sondage IPSOS a montré en 2005 que près d’un jeune père sur 10 aimerait « beaucoup » être enceint et que près de 4 sur 10 pourraient l’envisager. »
« En France en 2011, un couple gagnant entre deux et trois fois le salaire minimum verra son niveau de vie baisser de 18% l’année de l’arrivée de son premier enfant (Insee : l’effet d’une naissance sur le niveau de vie du ménage). Et plus on a d’enfants, plus le niveau de vie baisse ! »
« Les pères peuvent contribuer à prévenir la prématurité… en faisant l’amour ! »
« EN CAS DE COUP DE MOU
On fait un petit tour chez les papas blogueurs…
pour repenser à tout ça et en sourire,
pour trouver toujours une solution,
pour se changer aussi les idées. »
« L’instinct paternel, ça se travaille. »
« Customisez-le en trois clics à partir de photos des futurs parents sur Morphting ou Makemebabies.
Encore une application photo sans garantie… »

*** et il paraîtrait qu’il faut rire au moins 10 minutes par jour !

Suis-je prête à être mère ? (7/7) – Les Maternelles

Suite et fin de l’émission des Maternelles !

Sommaire « Suis-je prête à être mère ? »
1- Intro et interview d’Isabelle Tilman, psychothérapeute et auteur
2 – Pauline se pose des questions sur une éventuelle future grossesse
3 – Pourquoi fait-on des enfants et quand est-ce qu’on décide d’être mère ? par un philosophe et une historienne
4 – Maud, maman qui avait peur de la transmission de ses peurs
5 – Isabelle, ses angoisses et celles de son mari avant d’être parents
6 – Trois livres sur le sujet
7 – Et sur Internet ?

Nadia Daam s’est renseignée pour savoir si surfer sur le Net pouvait être utile pour savoir si on était prête à être mère.

OUI avec des tas de forums de parents,  de blogs de parents ou futurs parents.
Possibilité de poser des questions à des inconnus (parfois plus simple que de la famille ou des amies)

NON car Internet est une publicité pour la maternité*. Et ça pourrait alors être de l’achat d’impulsion au niveau marketing ! Ce ne serait pas le fruit d’une longue et bonne réflexion. Y’a du tri à faire !

NON car Internet se prend pour une espèce de boule de cristal ou pour un magazine féminin (qui est le mal) avec les psycho-tests :
- comment savoir si je suis prête à avoir un bébé ?
- comment savoir si je serais une bonne mère ?
Avec questions et réponses pré-formatées qui compare le désir d’enfant avec le désir d’un sac à main puisqu’on est dans un univers Girlyconcon.


Elle cite quelques questions très drôles. Ah ce n’était pas le but ?

Ex : vous êtes entourés :
A : de célibataires acharnés
B : de bébés
C : de chiens
–> Si vous habitez près d’un chenil vous n’aurez jamais d’enfant !

Ex : qu’est-ce qu’un body ?
A : une figure d’aérobic
B : un sous-vêtement pour bébé
C : un corps en anglais

Ex : qui est Françoise Dolto ?
A : une navigatrice en solitaire
B : un grand nom de psychologie enfantine
C : une chanteuse pour enfant

 C’est marrant car pour terminer ce billet, je me suis souvenue des tests qu’avait fait Petit Poison sur son blog sur le même sujet. Et là je me suis rendue compte que les tests venaient d’un de mes billets, ce qui m’était complètement sortie de l’esprit !

 Bon alors, cette émission, vous en avez pensé quoi ?

* Vidéo de bébé sur Internet, par exemple celle-ci… Allez-y, c’est bon pour les abdos !

Suis-je prête à être mère ? (6/7) – Les Maternelles

Suite de l’émission des Maternelles !

Sommaire « Suis-je prête à être mère ? »
1- Intro et interview d’Isabelle Tilman, psychothérapeute et auteur
2 – Pauline se pose des questions sur une éventuelle future grossesse
3 – Pourquoi fait-on des enfants et quand est-ce qu’on décide d’être mère ? par un philosophe et une historienne
4 – Maud, maman qui avait peur de la transmission de ses peurs
5 – Isabelle, ses angoisses et celles de son mari avant d’être parents
6 – Trois livres sur le sujet
7 – Et sur Internet ?

Trois livres sur le sujet présentés par Nathalie Le Breton :

Je rêve un enfant – l’expérience intérieure de la maternité de Monique Bydlowski chez Odile Jacob.
Elle explique comment aujourd’hui, à la différence de nos grand-mères, vouloir un enfant c’est arrêter de ne pas vouloir un enfant donc une sorte de cheminement conscient à l’inverse du destin qu’ont connu nos grand-mères et arrières grand-mères*. Et elle dit que le décalage qui peut exister entre un homme et une femme est aussi très important car il est salvateur, parce que c’est aussi sortir du couple qui est fusionnel et il n’y aura pas de place pour un enfant. Tous les cheminements que vous et vos compagnons aient pu faire ou allez faire maintenant, ça va donner un peu d’espace à cet enfant à venir, je vous le souhaite.

Un bébé oui ou non ? Pas facile de se décider… de Christiane der Andreassian et Sophie Guillou chez Milan.
Elle dit qu’il faut absolument murir, que c’est un processus, un process. Et que d’ailleurs il faut interroger un désir trop impérieux de la même façon que ne pas souhaiter d’enfant, refuser de ne pas y aller, on l’interroge. Mais que c’est bon aussi d’interroger un désir qui serait vraiment trop trop fort. Et surtout arriver à entendre l’autre dans ce décalage. Ne pas être dans le jugement, ni dans l’hostilité, ne pas faire comment si ça n’existait pas, mais justement se mettre autour de la table comme vous l’avez fait.

Dans l’intime des mères de Sophie Marinopoulos chez Marabout
Il parle de témoignages de femmes qui ont longtemps cru être infertiles et elle donne l’exemple d’une femme et d’un homme qui étaient dans un désir de perfection. A un moment donné il y a eu un accompagnement et pour la question de la transmission familiale, ce couple décide de prendre un chien. Pas n’importe quel chien, un chien racé, pris au plus bas âge, en allant voir un dresseur. Mais rien à faire il était insupportable. Ils ont été capables de s’adapter, ils ont fait preuve d’une certaine souplesse. Ils se sont fait confiance. Ca n’a rien de magique car derrière il y a un travail thérapeutique fort mais c’est une des histoires prenantes.

Plus qu’un billet sur cette émission des Maternelles !

A ce jour je n’ai pas lu les trois bouquins cités. Et vous ? 

* La dernière fois que j’ai vu ma grand-mère j’ai repensé à nos contextes de vie différents. C’est dingue tous les changements. Tu m’étonnes que parfois elle ne nous comprenne pas complètement et qu’elle ait une vision de lâcher-prise !

Suis-je prête à être mère ? (5/7) – Les Maternelles

Suite de l’émission des Maternelles !

Sommaire « Suis-je prête à être mère ? »
1- Intro et interview d’Isabelle Tilman, psychothérapeute et auteur
2 – Pauline se pose des questions sur une éventuelle future grossesse
3 – Pourquoi fait-on des enfants et quand est-ce qu’on décide d’être mère ? par un philosophe et une historienne
4 – Maud, maman qui avait peur de la transmission de ses peurs
5 – Isabelle, ses angoisses et celles de son mari avant d’être parents
6 – Trois livres sur le sujet
7 – Et sur Internet ?

Isabelle se posait beaucoup de questions quant à la maternité : peur de reproduire les schémas dont elle a souffert dans sa famille, peur de ne pas réussir à s’occuper bien de son bébé. Avoir des enfants faisait partie de son projet de vie mais son mari lui mettait aussi beaucoup de pression car il était très pressé d’être papa. Entre ses angoisses et celles de son mari, ils ont mis un an à faire un enfant. Une discussion avec une femme qui était passée par les mêmes doutes et un rendez-vous chez le gynéco pour rassurer son époux sur le délai normal les a déchargés de leurs angoisses respectives.

Deux jours après s’être rencontrés, il lui a posé la question au bois de Vincennes « et toi, tu veux des enfants ? » (oui elle a toujours su qu’elle en voulait) suivi de « et t’en veux combien ? ».
Au moment de leur fiançaille, deux ans avant leur mariage, il parlait déjà d’enfant. Il lui a suggéré d’arrêter la pilule plusieurs mois avant le mariage pour se préparer. Les enfants étaient un sujet qui revenait sur le tapis régulièrement de façon humoristique. Mais il a été jusqu’à lui téléphoner à son travail pour savoir si elle avait eu ses règles. Au bout de plusieurs mois où ils essayaient sans résultat positif ils se sont posés des questions. Le bébé qui n’existait pas finissait par prendre toute la place dans leur couple.
Elle a profité d’une visite chez son gynéco pour lui faire part de ses doutes, de leurs angoisses. Seule, elle a été rassurée « un an ce n’est pas si énorme comme délai. Faut essayer de moins se prendre la tête, ça viendra. » Sauf qu’il a commencé à se replier sur lui-même et ça a créé des tensions alors qu’il n’y avait pas de problème physiologique.
Donc elle a pris RV chez son gynéco… pour lui ! Il a entendu de vive voix, ça l’a rassuré. Donc elle lui a « interdit » de parler bébé tout le temps. Ils ont retrouvé d’autres sujets de conversation, c’était plus cool, ils n’étaient pas déprimés et elle pense être tombée enceinte 3 semaines après !

L’introduction me rappelle quelqu’un même si au lieu de deux jours, je pourrais mettre « quelques semaines » ! Mais finalement j’ai remis la phrase dans son contexte et elle ne m’a pas choqué. Il ne voulait pas un enfant « tout de suite » mais souhaitait savoir si j’envisageais d’en avoir « un jour ». Pour lui c’était important et j’ai trouvé sa démarche transparente et juste (quoiqu’étonnante).

Daphné Bürki : Qu’est-ce que ça veut dire être prête et est-on prête un jour  à devenir mère ?

Isabelle Tilmant* : Etre prête c’est l’adéquation entre ce qu’on désire, ce qu’on sent et ce qu’on pense. A ce moment là il y a une évidence qui s’installe. Etre prête c’est quand le désir est plus grand que la peur. Et si je prends une image par rapport à la maternité, c’est un peu comme si on allait faire du kayak. Si on va faire du kayak on va s’assurer qu’on a un bon bateau, qu’on a un bon coéquipier, qu’on a de bonnes pagaies, un bon gilet de sauvetage, mais après c’est important de faire confiance. On revient à ce lâcher-prise. Une fois qu’on est dans le kayak, on y va, on suit le courant et mieux encore on l’accompagne.
Maintenant, les femmes qui ne se sentent pas prêtes ont souvent une plus grande conscience de la réalité. C’est avoir conscience qu’avoir un enfant va changer radicalement sa vie à tout niveau, avoir conscience de la responsabilité que ça représente de mettre au monde un enfant. Et les femmes qui prennent le temps d’y réfléchir préfèrent y réfléchir avant qu’après.

Je trouve les interventions d’Isabelle Tilmant très « justes »**. « Quand le désir est plus grand que la peur ».

Nathalie Le Breton : Quel recul portez-vous sur ce cheminement ? Salvateur ?

Isabelle : Oui. On a deux histoires un peu similaires avec Maud. Je ne rentrerai pas trop dans les détails mais plutôt très proche. Mes deux parents ont été maternants pour ma mère et paternants pour mon père.
Moi j’ai rencontré des difficultés de construction, de l’élaboration de ma propre personne par rapport à des difficultés qu’ont rencontré mes parents dans leur couple, des relations très très conflictuelles que j’ai subies dès le plus jeune âge où je jouais l’arbitre pour essayer de survivre. Et ça m’a ammené à avoir de gros soucis à l’âge adulte quand j’ai pris conscience que toutes mes difficultés, mon manque d’estime de moi-même, mon manque de confiance en moi venaient de là. Elle était infirmière. Métier choisi par besoin de réparation. Une partie qui correspondait à ce que je voulais donner aux autres, faire du bien et une partie qui tenait de la réparation pour moi-même.
Au moment du mariage, quand on a commencé à parler bébé, quand ça a commencé à se concrétiser (j’avais l’envie d’avoir des enfants depuis toujours), j’ai pris conscience que je ne me connaissais pas, que j’avais cet énorme désir mais que je ne me sentais pas du tout prête et là j’ai fait une dépression. Tout s’est écroulé. J’ai fait une analyse aussi et j’ai pas été jusqu’au bout car y’avait beaucoup de choses et je n’étais pas prête à travailler tout en même temps. J’ai fait une première partie et il en est sorti quelque chose d’énorme « je ne sais pas qui je suis ». Un rapport au miroir qui pouvait passer pour de la prétention mais je me cherchais car je ne me trouvais pas.

Maud : Les enfants nous apprennent qui on est. Faire un enfant, c’est accepter d’en savoir plus sur soi. S’accepter.

Nathalie Le Breton : Au moment où la grossesse est arrivée, vous étiez en paix sur vous-même avec ces questions là ?

Isabelle : Oui. Quand C. mettait la pression, c’était le début où j’étais pas bien. Y’a eu une grosse chute qu’il n’a pas compris. Lui aussi c’était peut-être un besoin de réparation de sa part par rapport à son expérience personnelle très compliquée et assez douloureuse. On avait ça mais sans en parler parce que son mari n’exprime pas, ne sait pas exprimer ses sentiments, ni par les paroles, ni par le geste. Nos deux histoires nous mettaient en difficulté, nos enfances respectives qui émergeaient sur nous en tant qu’adulte. Ce qui m’a aidé, en parallèle de cette tentative pour faire ce bébé, c’est qu’il m’a expliqué un peu son histoire personnelle, on a un peu parlé, j’ai essayé de l’aider. Avec son analyse en //.
Un vrai cheminement

Daphné Bürki : Vous dites qu’il y a une transformation de désir d’avoir un enfant en projet concret de parentalité…

Isabelle Tilmant* : Le désir d’enfant, on imagine qu’un enfant va nous combler. Et le projet de parentalité, c’est justement transformer le désir d’enfant pour soi en ayant le souci de l’enfant dont on va s’occuper à la naissance.

Quant Pauline se dit qu’elle retient le lâcher prise et la confiance mais qu’elle manque de confiance en elle, Isabelle lui répond qu’avant d’être enceinte elle était pareille. Mais qu’elle a su qu’elle était mère avant de faire le test de grossesse. Et dès lors, elle s’est sentie apaisée.
Maud précise qu’il faut faire confiance mais aussi s’écouter.
Isabelle confirme qu’à un moment le désir prend le pas sur la peur qui est toujours là car on ne peut pas savoir.

Chaque femme, chaque histoire est différente…

A suivre (plus que 2 billets !)

* Isabelle Tilmant, psychothérapeute et auteur des ouvrages Epanouie avec ou sans enfant, publié aux éditions Anne-Carrière en 2008 et Ces femmes qui n’ont pas d’enfant, paru chez De Boeck en 2010.

** Je ne suis personne pour donner mon avis, mais ses phrases sont « justes » chez moi. Parfois il est intéressant d’avoir des points de vue qui dérangent et interrogent. Là elle met des mots sur des choses « non-dites ».

Suis-je prête à être mère ? (4/7) – Les Maternelles

Suite de l’émission des Maternelles !

Sommaire « Suis-je prête à être mère ? »
1- Intro et interview d’Isabelle Tilman, psychothérapeute et auteur
2 – Pauline se pose des questions sur une éventuelle future grossesse
3 – Pourquoi fait-on des enfants et quand est-ce qu’on décide d’être mère ? par un philosophe et une historienne
4 – Maud, maman qui avait peur de la transmission de ses peurs
5 – Isabelle, ses angoisses et celles de son mari avant d’être parents
6 – Trois livres sur le sujet
7 – Et sur Internet ?Nathalie Le Breton : Faire confiance, ça va faire écho probablement à votre histoire [...]

Maud est la maman d’une petite fille de 20 mois. Victime d’un viol il y a huit ans, elle a rencontré son compagnon actuel un an après et a démarré une thérapie à peu près au même moment. Elle prend conscience qu’elle va devoir raconter cette histoire à son futur enfant. A peu près trois ans après leur rencontre, son ami lui a dit qu’il était prêt à avoir un bébé.

Mais Maud avait un problème de santé qui lui a fait envisager la maternité avant « d’être prête ».
Extraits :
« pour être une mère épanouie il fallait que je m’accepte en tant que femme et que je m’émancipe et que je m’assume en tant que femme ».
« Peur de la transmission, peur de la fatalité, peur de transmettre quelque chose de nocif ».
« Quelle genre de mère je pouvais être ? suffisamment contenante, capable de protéger ma fille sans la surprotéger »

Maud explique en quoi la psychothérapie lui a été bénéfique (angoissée suite aux angoisses de sa mère par rapport à son passé et qu’elle a projeté sur ses enfants). –> Importance de travailler sur son passé.

Daphné Bürki : Quelle importance de travailler sur son histoire ?

Isabelle Tilmant* : ce n’est pas nécessaire de faire une psychothérapie pour devenir mère, non. Faire une psychothérapie c’est une manière de se connaître. Quand on a éprouvé de la souffrance, de la difficulté, ça permet de revisiter toute son histoire.

J’ai apprécié sa réponse car pour certains, un travail psy est limite indispensable. Je suis à 100% d’accord que dans certains cas, un psy aide à avancer. Quand je pense psy, je ne pense pas forcément un RV hedbo pendant 10 ans, mais quelques bonnes discussions avec quelqu’un qui sait écouter et nous guider dans une auto-réflexion.

Daphné Bürki : Quels sont les risques de ne pas se confronter à ses fantômes ?

Isabelle Tilmant : Y’a le risque de reproduire malgré soi certaines choses. Quand on a eu une mère qui n’était pas adéquate probablement parce qu’elle-même a eu des souffrances et des carences, on a cette crainte de reproduire ce même comportement. Pour contrer cela, la fille va essayer de devenir parfaite. Elle ne va pas se donner le droit à l’erreur, elle va avoir une trop grande exigence envers elle-même. Mais comment envisager de devenir mère en ne s’accordant pas le droit à l’erreur ? Parce qu’être une mère c’est finalement tatonner, chercher. D’ailleurs la mère parfaite n’existe pas et si elle existait ce serait son plus grand défaut.

Maud précise que la perfection peut être un spectacle angoissant pour les enfants.

C’est marrant car j’ai une tendance à rechercher la « perfection » et finalement c’est mon nouveau boulot qui m’a fait avancé sur ce sujet / handicap. Aujourd’hui j’arrive plus à me dire que faire du mieux possible c’est déjà beaucoup et ça suffit. Pas besoin de culpabiliser et il y a toujours possibilité de faire mieux / plus, mais est-ce réellement utile ?

Daphné Bürki : Pourquoi l’enfance remonte toujours à la surface quand on essaie de devenir mère ?

Isabelle Tilmant : Parce que l’idée de la grossesse et de la maternité nécessairement fait revenir à la surface tout le vécu qu’on a soi-même vécu. Y’a tous les souvenirs d’enfance conscients mais y’a aussi tout ce que la femme a vécu quand elle était dans le ventre de sa mère et quand elle était bébé. Tout ça revient et c’est très difficile de pouvoir contrôler tout ça. Au contraire c’est en redonnant la place, en faisant les liens avec les angoisses. #il doit manquer « qu’on arrive à les maîtriser »#

Daphné Bürki : Et c’est pareil quand on veut devenir père ?

Isabelle Tilmant : Oui mais y’a pas le fait de porter l’enfant. Toute l’histoire du père, tout ce que lui-même a vécu en étant enfant, intervient aussi.

Evidemment ça m’a renvoyé à la conférence et au livre du docteur Reynes  » Souvent on aurait tendance à prendre nos souffrances et agir à l’inverse de nos parents. Or ce n’est pas toujours ce qui est le plus juste pour l’enfant. »

[...] Nathalie Le Breton : Maud se lance dans une future grossesse mais sans résultat. Vous dites que vous avez énormément discuté avec votre compagnon. En quoi toutes ces discussions ont fini par vous rassurer ?

Maud : « Déjà c’est en parler à deux. On fantasme quelque chose chacun de notre côté. Pour qu’il arrive à me dire qu’il voulait un enfant il y pensait quand même énormément. Ce n’est pas rien. C’est quelqu’un qui mine de rien est assez cérébral, donc la place du père, devenir père, il a vraiment réfléchi. Du coup, ça concrétise les choses, on en parle à deux, on confronte nos deux conceptions de la paternité, de la maternité. Est-ce qu’on fait un enfant pour les bonnes raisons ? Pour nous aussi c’était extrêmement important. Ok j’ai des problèmes de santé mais on ne fait pas un enfant pour ça. On fait un enfant pour des bonnes raisons. Je me suis rendue compte qu’il était presque plus apaisé que moi car lui c’était réfléchi. Moi je n’osais pas trop y réfléchir honnêtement car je ne savais pas s’il allait me dire qu’un jour il en avait vraiment envie.

Ah, on y revient aux bonnes raisons… Quand je dis que le mariage est finalement un exercice (comme un autre, possible mais pas indispensable) à la parentalité !

Nathalie Le Breton : Et le fait qu’il était apaisé, ça vous a apaisé ?

Maud : oui, il m’a montré que c’était un projet à deux. C’est un projet qu’on a fini par construire tous les deux.

Puis elle raconte comment la stimulation ovarienne les a rapprochés et les a soudés. Juste après avoir signé pour la FIV (responsabilité de devenir parents), ils se sont pacsés. Tout ça les a portés et elle est tombée enceinte une semaine avant la FIV.

Bien sûr dans certains cas des femmes tombent enceinte contre leur volonté. Mais la place du « psychologique » est sûrement plus importante qu’elle n’y paraît au premier abord !

Daphné Bürki : Comment on explique le déclic ?

Isabelle Tilmant : Le déclic, c’est un peu comme une fleur qui est en bouton, c’est-à-dire que tout est mûr puis après il y a le dernier élément qui permet à la fleur de s’ouvrir. Cet élément peut être différent à chaque fois. Pour pouvoir bien vivre une grossesse, c’est important d’avoir une représentation maternelle positive à l’intérieur de soi. Le travail de psychothérapie est une façon de pouvoir intégrer…

Les deux parents de Maud ayant également fait un travail analytique, ça la rassurée sur le fait d’être une bonne mère.

Isabelle Tilmant : Quand je parlais de cette représentation maternelle positive, ça peut être sa propre mère, le père, quelqu’un d’extérieur. Chez toute mère, même s’il y a eu des choses qui étaient difficiles, il y a des choses positives qu’elle a transmis. Le fait de les voir dans cette évolution, disponibles pour des grand-parents pour votre enfant…

Ce sont ses parents qui l’ont poussé sa soeur et elle à en apprendre plus sur elles afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs.

Le terme de « déclic » me parle. Car avec la contraception on « choisit » le moment « où on va laisser faire la nature ». Je trouve que le déclic, quand il a lieu, est un peu magique car il sort « d’on ne sait trop d’où »… Parfois il s’explique, parfois on n’est pas vigilent et il ne s’explique donc pas… Parfois il est radical, parfois c’est une lente évolution…
Vouloir des enfants un jour + déclic = désirer des enfants « dès que possible »…

A suivre !

Et vous, vous avez / connaissez des gens qui ont suivi une psychothérapie pendant leur grossesse ?
Vous savez quand a eu lieu le déclic si déclic il y a eu ?

* Isabelle Tilmant, psychothérapeute et auteur des ouvrages Epanouie avec ou sans enfant, publié aux éditions Anne-Carrière en 2008 et Ces femmes qui n’ont pas d’enfant, paru chez De Boeck en 2010.

Suis-je prête à être mère ? (3/7) – Les Maternelles

Suite de l’émission des Maternelles ! Au programme de la philosophie et de l’histoire, avec des éclairages intéressants ! Bonne lecture !
En vert, la retranscription de l’émission. En orange, juste quelques idées que je voulais mettre en valeur.

Sommaire « Suis-je prête à être mère ? »
1- Intro et interview d’Isabelle Tilman, psychothérapeute et auteur
2 – Pauline se pose des questions sur une éventuelle future grossesse
3 – Pourquoi fait-on des enfants et quand est-ce qu’on décide d’être mère ? par un philosophe et une historienne
4 – Maud, maman qui avait peur de la transmission de ses peurs
5 – Isabelle, ses angoisses et celles de son mari avant d’être parents
6 – Trois livres sur le sujet
7 – Et sur Internet ?

Daphnée Bürki : Pourquoi fait-on des enfants et quand est-ce qu’on décide d’être mère ? [...]
Soraya Benzidane est allée rencontrer un philosophe et une historienne.

Lorsqu’on demande aux françaises pourquoi elles font des enfants, elles répondent à 60% que ça rend la vie de tous les jours plus joyeuse*. [suivi de cris inhumains d'enfants]

Martin Legros, rédacteur en chef adjoint de Philosophie Magasine : le premier motif invoqués par les français sur les motivations pour faire un enfant c’est par plaisir, avant le devoir et avant l’amour. C’est assez surprenant et en réalité ça s’inscrit dans une vraie révolution dont on est les contemporains. On fait un enfant aujourd’hui, on n’a plus un enfant. 

Et y’a un poids de l’imaginaire, nous avons été bercés dans l’enfance par toutes ces comptines et contes de fée qui se terminent tout de même par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants«  comme si en quelque sorte le bonheur était incomplet s’il n’y avait pas derrière, des enfants et beaucoup d’enfants. Alors j’ai fait une petite enquête LaMoustique (???) : il n’y a que en France que les contes de fée se terminent par cette formule.

Dans les autres pays, c’est la sorcière qui gagne ?

Le conte de fées m’a rappelé les « débats » similaires autour du mariage « ils se marièrent, vécurent heureux et blablabla« … Encore une fois il y a des ressemblances !

Voix off : Pourtant les femmes françaises font leur premier enfant de plus en plus tard.

Rosine Lagier, historienne, auteur de « Il y a un siècle la femme » Ed. Ouest France :

Si aujourd’hui les femmes se posent beaucoup de questions avant d’avoir un enfant, il y a un siècle il en était tout à fait différemment. Entre 18 et 22 ans, les femmes c’était une nécessité pour elle de s’affirmer en tant que femme en ayant un enfant. C’était pour le père assurer sa virilité. Et c’était un petit peu la réussite du couple. Les femmes étaient enceinte tous les ans dès le retour de couches, elles repartaient de nouveau. Les familles étaient assez nombreuses jusqu’à 14-15 enfants. Contrairement à aujourd’hui où l’enfant engage une certaine responsabilité financière, morale, où on essaie de le projeter dans l’avenir en voulant le meilleur pour lui, auparavent les enfants étaient une nécessité pour rapporter un gain supplémentaire dans la famille. On voit dans les usines , dans les travaux des champs, garder les troupeaux, les enfants de très très bonne heure étaient associés à la vie quotidienne, professionnelle et rapportaient de l’argent. Dès l’âge de 10 ans les enfants travaillaient comme des adultes.

La réussite du couple… ça ne vous rappelle pas ce dessin animé ?

C’est à partir de la première guerre mondiale que les femmes se sont posées des questions à partir du moment où elles devaient devenir mère parce que pendant la guerre, les femmes ont remplacé les hommes dans tous les métiers possibles et inimaginables puisque les hommes étaient partis sur le front. Les femmes assuraient donc tous les travaux à leur place. Elles ont commencé pour certaines à gagner pour la première fois de leur vie, de l’argent, à être indépendante. Pour mieux travailler elles ont dû raccourcir leurs robes, elles ont dû enlever les corsets, souvent se couper les cheveux. Donc à partir de 1918, 1920, les femmes ont dit « écoutez on a connu une certaine indépendance, maintenant on veut continuer cette indépendance, on veut continuer cette vie de femme comme on l’entend et avoir des enfants quand on le voudra. »

C’est à partir de la première guerre mondiale que la natalité a fortement baissé en France et donc le gouvernement a décidé de mettre des primes pour récompenser les familles nombreuses. C’est-à-dire qu’à partir d’un certain nombre d’enfants, du 5° enfant, bien sûr jusqu’au 14° enfant les primes étaient importantes selon l’importance de la famille et étaient attribuées pour aider ces familles nombreuses. »

Voix off : 1967, dernier grand tournant. La contraception devient légale.

Rosine Lagier « Où là elles avaient le choix vraiment de tomber enceinte ou pas, le choix du désir d’enfant ou pas. »

Martin Legros « Dès l’instant où vous avez la liberté, la responsabilité de ce choix, pèse sur vous une responsabilité plus grande. Vais-je y aller, ne vais-je pas y aller ? Aujourd’hui y’a cette délibération nécessaire en quelque sorte  mais qui est la bienvenue que nous fassions cet acte si important que nous fassions précéder d’une délibération et d’une réflexion, c’est plutôt sage plutôt que de le faire sans y penser.

Daphnée : Isabelle Tilmant*, choisir de donner la vie aujourd’hui, qu’est-ce que ça représente pour les femmes ?

Isabelle Tilmant* : Pour les femmes aujourd’hui il est clair qu’avoir un désir d’enfant vient toujours toucher le désir de donner un sens à sa propre vie et le désir affectif d’aimé et se sentir aimé. Alors pour les femmes qui décident de donner la vie aujourd’hui, c’est vraiment le fait d’aller dans un lâcher-prise et une confiance, une confiance dans la vie, une confiance qu’elle sera plus heureuse en ayant un enfant, une confiance que la société sera là pour accueillir son enfant et que l’enfant lui-même sera très heureux. C’est positif.

Intéressant, non ?
Choisir de donner la vie aujourd’hui (ou accompagner pour les papas), qu’est-ce que ça représente pour vous ?

* Et voilà un article de Magic Maman qui parle de cette étude  »pourquoi les français font-ils des enfants » de 2009. Et oui, d’autres chiffres !!! De rien, de rien… Pour rebondir sur l’article, on a beau être marié, on n’a pas du tout le sentiment de vouloir des enfants par « devoir » !!!

** Isabelle Tilmant, psychothérapeute et auteur des ouvrages Epanouie avec ou sans enfant, publié aux éditions Anne-Carrière en 2008 et Ces femmes qui n’ont pas d’enfant, paru chez De Boeck en 2010.

Suis-je prête à être mère ? (2/7) – Les Maternelles

Suite de l’émission des Maternelles !

Sommaire « Suis-je prête à être mère ? »
1- Intro et interview d’Isabelle Tilman, psychothérapeute et auteur
2 – Pauline se pose des questions sur une éventuelle future grossesse
3 – Pourquoi fait-on des enfants et quand est-ce qu’on décide d’être mère ? par un philosophe et une historienne
4 – Maud, maman qui avait peur de la transmission de ses peurs
5 – Isabelle, ses angoisses et celles de son mari avant d’être parents
6 – Trois livres sur le sujet
7 – Et sur Internet ?
Invitées

Pauline commence à se poser des questions quant à une future maternité. Non pas qu’elle soit pressée, mais son entourage s’affole et elle se dit que, peut être, à son âge, elle peut commencer à y penser !

Elle a 28 ans. Successivement, toutes ces copines lui ont annoncé leur grossesse ? Les « et toi ? » commencent à venir. Famille, amis et belle-famille « et vous c’est pour quand ? ». Elle m’a fait sourire quand elle a mimé son idée du rapport à l’enfant (en bruit ça donne « ahahahahah »). Elle n’a pas l’habitude d’enfants, elle ne s’est pas occupé d’enfants à part à la cantine d’une maternelle 2h par jour. Peur de ne pas être disponible… Avec son compagnon ils ont déjà une vie bien remplie (concert, lecture…) « Comment faire du jour au lendemain pour s’occuper de quelqu’un H24 ? On n’a pas les clés. Forcément il y a de la préparation. »
- Vous ne vous sentez pas capable ?
Pauline : Je n’ai pas la compétence du tout.
- Et au fond vous avez un début d’envie ou pas ?
Pauline : Oui, les bébés m’intéressent toujours, je regarde, j’aime bien, c’est vrai… Un petit début.

Daphné s’interroge sur le rôle de la pression familiale et sociétale sur cette décision.
Isabelle Tilman* : Effectivement la pression familiale et sociétale vient en réalité toucher un élément fondamental dans le désir d’enfant qui est le désir d’appartenance. Et d’ailleurs on voit que quand un couple est apprécié dans sa famille ou dans les couples qui sont proches, les amis, et bien ça fait un effet boule de neige.
Quand un couple attend un enfant, on voit que les autres couples ont tendance à envisager le projet d’enfant.
Maintenant, chez les femmes qui sont en questionnement par rapport à ça, cette pression familiale et sociétale peut créer l’effet inverse, un sentiment de refus en sentant que c’est une pression qui n’est pas respectueuse de leur propre rythme intérieur.

Ceci est un manomètre.

Pour l’instant Pauline et son compagnon, timides l’un et l’autre, ne discutent pas de ce sujet… et il pensait qu’elle allait venir en tant que spectatrice** !

De notre côté, y’a également de nombreuses réflexions / questions. Les réponses varient en fonction des interlocuteurs, on ne souhaite pas se livrer au même niveau pour tout le monde.
A noter dans les tablettes, un Noël dans la famille de Daddy To Be :  »XX a eu XX a 27 ans. Et XX a eu XX à 27 ans. Et XX a eu XX à 27 ans. »
J’avais 27 ans.
No comment.

A ce jour, rien d’insupportable, ni dans les questions, ni dans la fréquence. Je leur laisse le droit de nous poser la question, je garder le droit de ne pas leur répondre***.

Selon les personnes un peu trop directes, j’essaie quand je le sens, de faire de la pédagogie en leur disant que peut-être on n’en veut pas ou que c’est possible que ça fasse 5 ans qu’on essaie et que leur question est indélicate / indiscrète / trop trash. Si ultérieurement c’est compliqué pour nous, je n’aurais peut-être pas/plus la patience de le faire (cf. les états de certaines de mes copines très affectées par tout ça), alors j’en fait profiter l’humanité maintenant!

A suivre !

Et vous, pression familiale et/ou sociétale ?

* Isabelle Tilmant, psychothérapeute et auteur des ouvrages Epanouie avec ou sans enfant, publié aux éditions Anne-Carrière en 2008 et Ces femmes qui n’ont pas d’enfant, paru chez De Boeck en 2010.

** Pas d’inquiétude, Daddy To Be sait que je ne fais pas que lire des blogs !

*** Un de mes grands credo dans la vie !

Suis-je prête à être mère ? (1/7) – Les Maternelles

9h10 le 11/11/11… je dormais*. Mais une future maman qui se met dans le bain petit à petit, m’a envoyé un texto  « l’émission des maternelles sur france 5 en ce moment pourrait t’intéresser« . Sympa ! A 9h11 à mon réveil, à mon réveil, je me suis dit « vive Internet et la rediffusion des émissions, je regarderai tout à l’heure« . Le thème de l’émission était « Suis-je prête à être mère ?« . On avait effectivement parlé de cette question pas plus tard que la veille et je lui avais dit qu’il y avait peu de documentation ou d’échanges sur le sujet (mais que ça existe). De mon côté j’ai toujours cette conversation en tête.

Allons-y !

Sommaire « Suis-je prête à être mère ? »
1- Intro et interview d’Isabelle Tilman, psychothérapeute et auteur
2 – Pauline se pose des questions sur une éventuelle future grossesse
3 – Pourquoi fait-on des enfants et quand est-ce qu’on décide d’être mère ? par un philosophe et une historienne
4 – Maud, maman qui avait peur de la transmission de ses peurs
5 – Isabelle, ses angoisses et celles de son mari avant d’être parents
6 – Trois livres sur le sujet
7 – Et sur Internet ?

L’émission (en VERT ce qui est tiré de l’émission ou du site Internet) commence avec l’énergie débordante d’humour de Daphnée** à travers « l’étude débile » de St Andrew University qui nous dit avec la forme du visage si les femmes veulent des enfants et combien. Le résultat est que les femmes plus féminines voudraient plus d’enfant (superbes photos de famille !). Mouais. Ce serait lié au taux d’oestrogène (plus il est élevé, plus on voudrait d’enfant) qui a un impact sur la forme du visage. Par exemple, les femmes avec une machoire étroite, un petit nez [...] en voudraient beaucoup (Angelina Jolie).

Au-delà de l’étude, c’est une vraie question ! Dans cette émission de France 5 (cliquez pour voir la rediffusion) : pour certaines c’est une évidence, pour d’autres, qu’est-ce qui fait qu’on se sent prête… 
Préparé par : Aude Le Bas et Soraya Benzidane
Y’a également un sujet sur la nouvelle poupée Barbie (hypersexualisation…), sur la formation des orthophonistes (de base ou spécialisé)…

Spécialiste : Isabelle Tilmant, psychothérapeute et auteur des ouvrages Epanouie avec ou sans enfant, publié aux éditions Anne-Carrière en 2008 et Ces femmes qui n’ont pas d’enfant, paru chez De Boeck en 2010.

Daphnée Bürki : Quand on ne se sent pas prête du tout, on risque de ne pas bien vivre sa maternité ?
Isabelle Tilmant : C’est vrai que la maternité remet beaucoup de choses en jeu. Si on ne se sent pas prête du tout, on risque de bien moins vivre sa maternité. Cela dit, rien n’est jamais joué, c’est toujours une surprise. Certaines femmes peuvent ne pas se sentir prêtes et se révéler très épanouies dans leur grossesse et leur maternité. Et à l’inverse, des femmes qui se sentent tout à fait prêtes peuvent éprouver des angoisses tout à fait inattendues.

Et si être prête signifiait être prête à tout, même à ne parfois pas se sentir prête alors que le processus est lancé, qu’on a déjà pris 10 kg voire que l’accouchement est prévu dans 2 semaines ?
Avant de nous lancer, je voulais être prête à pouvoir être prête. Avoir quelques bases, avoir un peu réfléchi à « tout ça » (d’où le blog).

Je ne m’attends à rien. J’espère évidemment une grossesse épanouie, mais si elle fait ressortir des peurs ou des mauvais souvenirs, j’espère avoir la force de les accueillir et de grandir. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, c’est bien ça ? Positiv’attitude même sur un éventuel négatif.
J’y pense souvent car au vu de ce que j’ai vécu, je sais qu’il y a de grandes chances que je sois un peu remuée par la situation…

Daphnée Bürki : On peut avoir un désir d’enfant mais jamais se sentir prête à être mère ?
Isabelle Tilmant : Oui c’est vrai. On peut rêver d’avoir un enfant mais rester toujours inquiète à l’idée d’avoir un enfant dans la réalité avec des peurs à la fois concrètes et des peurs irrationnelles.

Je me rends compte que je n’ai jamais « rêver » d’avoir un enfant. Mais que je savais que j’en voulais « un jour indéterminé ».

Daphnée Bürki : Il faut surtout avec le bon mec pour se sentir prête à être mère ?
Isabelle Tilmant : C’est vrai qu’avoir un homme qui se montre prêt à s’engager sur le projet de parentalité est rassurant pour la femme. Aujourd’hui c’est vrai aussi que ce n’est plus la femme seule qui porte l’enfant mais c’est le couple qui est porteur du projet parental et avec l’éloignement des familles d’origine, l’homme  prend aussi le rôle d’être là pour rassurer sa femme et donc il remplace la mère et les familles d’origine.

Je suis d’accord et pas d’accord. Accorder une vraie place au père OUI.
Daddy To Be a juste été parfait (est-ce que dire « comme d’habitude » serait prétentieux ?) sur ce sujet là. Discussions et échanges sur les peurs, les craintes, mon passé, moments de réflexion chacun de son côté, conversations à bâtons rompus… Sans lui je ne sais pas si j’en serais là où je suis sur le chemin « Suis-je prête à être mère ? ».

Mais REMPLACER la mère et les familles d’origine… Pas SÛR…
Bien sûr je comprends l’idée et je sais que l’émission est minutée et qu’il faut faire des raccourcis. Mais n’est-ce pas une trop lourde responsabilité pour le futur père que de porter tous ces rôles à la fois ? Il n’a jamais été enceinte, il n’a jamais accouché, il n’a jamais allaité, il n’a jamais été père…
Est-ce que la famille, même loin, ne peut pas « jouer son rôle » ?
Est-ce que une famille de coeur (autres parents ou amis/copains) ne peut pas accompagner les futurs parents ?
Est-ce que les soignants n’ont pas pour rôle de rassurer ? (sage-femme, médecin, infirmière)

Je n’ai bien sûr pas les réponses à ces questions mais je pense que je ne m’adresserais pas exclusivement à Daddy To Be mais que ma maman et mes copines auront une place (petite ? large ?) dans ma grossesse… Partager avec lui, oui, mais ne pas l’accabler non plus.
Finalement, ça me rappelle encore mon « discours » sur l’organisation d’un mariage… simple…

Daphnée Bürki : Si je trouve que les bébés sont trop mimi, je me mets à citer du choupi comme BHL dans les dîners et que j’ai du lait qui sort des tétés, c’est vraiment que je suis prête à être mère ?
Isabelle Tilmant : Je pense que le désir il sort de partout.

Cette dernière réponse me rapproche du « conseil » d’une copine de ma mère : « Tu le sauras« . Je rajouterai tout de même que le désir s’exprimera sous différentes formes vu qu’on n’est pas toutes pareilles ! De la même façon que je n’ai jamais été essayé de robe de mariée « pour voir », je ne pense pas aller dans un rayon body « pour voir ». Mais sur Internet je regarde un peu plus, ce blog m’y incite (oui je parle d’une auto-incitation).

A suivre !

* Eh oui, je n’ai pas (encore) d’enfant !

** Pour être honnête, c’est ma 2° émission des Maternelles que je regarde et j’aime bien le ton de l’émission.