J’avais déjà abordé, sans être enceinte, le sujet de la femme enceinte à son boulot dans le billet « Femme enceinte = homme (milieu pro) ?« … Pour rebondir sur mes propres réflexions :
- je n’étais pas obligée de tout faire et de (bien) le faire car on n’est jamais obligée. Mais je l’ai fait. J’ai répondu aux demandes, j’ai gardé la même conscience professionnelle… Est-ce que c’est lié au fait que je sois une femme à ce poste et que je voulais montrer que je pouvais assurer « même enceinte » ? Sûrement un peu…
- je n’ai pas levé le pied pendant ma grossesse donc « garder ma crédibilité » je n’en sais rien… En tout cas j’ai énormément inquiété certains de mes collègues masculins, pères ou non. « l’échelle à crinoline ? » « ben j’y suis montée hier pourquoi ? » « mais tu es enceinte… »
- ai-je pris des risques ? Sûrement… Mais devenir tranquille du jour au lendemain dès le début de ma grossesse alors que je travaillais ne me paraissait pas possible, pas dans mon caractère. J’aurais sûrement dû moins foncer (et je n’aurais peut-être pas été arrêtée aussi tôt)…
Concernant les risques, je me suis très rapidement posé la question en ayant des saignements à un mois de grossesse environ, qui n’étaient pas dû à un effort puisque j’étais « tranquillement assise » au bureau. Cette grossesse on l’avait longtemps attendu et pourtant la petite voix me disait que rester coucher à prier que le bébé « s’accroche » n’était pas la meilleure solution. Peut-être que si j’avais consulté on m’aurait arrêté pour me reposer mais je me suis raccroché à « il arrivera le plus mieux pour nous et pour le bébé* » et je me suis mise à fond dans le boulot pour ne pas pleurer et rester dans mon coin. Evidemment c’est facile à dire après coup, à la fin de la grossesse quand tout va bien. Est-ce que je réagirais pareil si on avait perdu le bébé ? Est-ce que je serai convaincue que c’était le mieux pour nous ?
- si j’étais maçonne coiffeuse au milieu d’une dizaine de collègues féminines je pense que je me poserais aussi ce genre de questions car le sujet de la mixité m’intéresse. La prise de risques est indépendante du métier (il y a un risque avec certains produits « chimiques » des salons de coiffure comme certains produits « chimiques » d’une raffinerie).
Si c’était le cas, je pense que je ne leur aurai pas forcément parler plus tôt de ma grossesse, même aux femmes. Dans mon cas j’avais prévenu une de mes deux collègues féminines car elle faisait de la gym avec moi. Ma petite voix me dit que l’autre n’a pas forcément bien pris de le savoir après coup (après mon équipe…) mais bon, elle a démissionné à ce moment là et je n’avais pas envie, tout simplement.
- est-ce qu’on arrive à s’écouter de façon « objective » pour savoir ce qui est le mieux à faire ? Ah… J’aurais envie de dire que oui : je dormais beaucoup, je mangeais mieux… mais a priori ce n’était pas assez puisque la sage-femme / la gynéco (…) ont tous décidé de m’arrêter…
- est-ce que les hommes de ce « milieu » réagiront en « bon père de famille » ? J’ai été agréablement surprise de l’aide naturelle qui venait de certains d’entre eux pour des choses physiques qui m’étaient plus difficiles. Mais mon chef, pourtant plusieurs fois père de famille, a été plusieurs fois très maladroit…
- est-ce que prendre 10 kg en quelques mois n’est pas une « faiblesse » physique ? Je ne peux pas vraiment répondre car je suis partie avant d’avoir pris 10 kg. Je pouvais encore porter des choses (même si c’était déconseillé), faire de la route, me baisser…
Et à ce jour, même avec les 10 kg en plus j’ai la chance de pouvoir continuer à faire beaucoup de choses. Même si Daddy-to-Be s’approprie les choses « à faire près du sol », je pourrai sencore les faire…
- est-ce que les mentalités en général ne permettent pas de vivre sa grossesse avec les précautions qui s’imposent en gardant un statut professionnel identique ?
Dans mon cas, je pense que ça se passe plutôt bien. Personne n’a remis en cause mon « statut professionnel » à cause de ma grossesse. Certains se disent sûrement que ce n’est pas le bon moment et que ça peut avoir des risques sur l’activité mais chacun sait sûrement au fond de lui qu’une naissance est un bonheur et que je le mérite sûrement !
Et pour vous, est-ce que le comportement de vos collègues homme ou femme a changé pendant votre grossesse ?
* on lit souvent que les bébés qui ne tiennent pas ont souvent des malformations ou d’autres problèmes et que « la nature fait un tri »… On n’y peut rien mais même si c’est la réalité, elle est dure à accepter si elle nous arrive !












